Tous les ans, les membres de Muséocom présentent deux séminaires restituant des travaux menés sur plusieurs mois au sein d’institutions culturelles. Ces présentations, ouvertes à tous, sont l’occasion pour les étudiant.e.s de Master 2 de questionner un enjeu clé, autour de la muséologie ou du numérique, en menant une étude complète qui passe par le développement d’un protocole d’enquête expérimental.

Séminaire cultures numériques : application de visite ClunEtour

Cette année, le séminaire Cultures numériques, encadré par Lise Renaud et Isabelle Brianso, s’est intéressé à l’application de visite numérique ClunEtour. Cette application a été imaginée par la Fédération Européenne des Sites Clunisiens, développée par la société Paztec puis vendue par l’Office de Tourisme de Cluny. Par ailleurs, la particularité de Cluny et de son site historique est la multiplicité des outils numériques qu’elle a développés : films de reconstitution 3D, tablette numérique, applications numériques, etc.

© Office de tourisme de Cluny et du Clunisois

L’objectif du séminaire était alors de déterminer des enjeux entourant l’application de visite ClunEtour et de développer une méthodologie en adéquation avec ces enjeux.

Trois problématiques ont pu être développées : l’identification de l’application par les clunisiens, les représentations qu’elle propose et enfin son intégration dans un réseau européen. Ces problématiques  ont permis d’examiner l’offre numérique de visite, d’interroger la perception des habitants et des acteurs économiques et culturels de la ville, de questionner l’intérêt d’une application de visite au sein d’un réseau européen, tout en appréhendant son usage en tant qu’outil de visite. Les étudiantes ont alors mené des visites-expertes, se sont entretenues avec les acteurs locaux et les habitants de Cluny et ont analysé le back-office de l’application.

À la suite de ce protocole in situ et d’une analyse précise et spécifique à chaque enjeu, plusieurs éléments ont pu être mis en lumière. Tout d’abord, il est apparu que les habitants de Cluny ne s’identifient pas à ClunEtour et ne l’utilise que très peu. Ensuite, il semblerait que l’application enferme le visiteur avec un parcours contraignant et des dispositifs signalétiques mal identifiés dans la commune.

Ces éléments relevés ont permis aux étudiantes de proposer des pistes d’amélioration. Ainsi, afin de mieux identifier et de valoriser l’application, une communication plus efficiente et ciblée pourrait être mise en place, par exemple  la création d’une identité graphique cohérente pour une meilleure reconnaissance et visibilité de l’application de visite et ce à différentes échelles. Également, il pourrait s’agir d’inclure des éléments ludiques et collaboratifs au sein de l’application, dans l’objectif de stimuler l’utilisateur et de l’inciter à regarder autour de lui le patrimoine clunisois

Séminaire de muséologie, exposition "George Henri Rivière : Voir c'est comprendre" du Mucem

Les étudiant.es du séminaire de muséologie, encadré par Eric Triquet et Daniel Jacobi, ont eu la chance d’être accueilli.es au MuCEM pour l’étude de l’exposition temporaire « George Henri Rivière : Voir c’est comprendre ». Cette exposition, consacrée à l’un des précurseurs de la muséologie contemporaine, était proposée au MuCEM du 14 novembre 2018 au 4 mars 2019. Elle s’inscrit pleinement dans l’histoire du musée puisque ses collections proviennent du musée national des arts et traditions populaires (MNATP) fondé justement par Georges Henri Rivière en 1937.

© Mucem

L’accent du séminaire était placé sur la découverte et le questionnement de la signalétique et des titres de sous-sections dans l’exposition permettant aux visiteurs d’anticiper leur visite mais aussi autour de l’étude de « l’unité écologique » du buron d’Aubrac. Les objectifs étaient ainsi de s’approprier et mettre en œuvre les techniques de l’évaluation formative dans l’exposition, de diagnostiquer à l’aide de l’analyse experte et de l’observation-écoute des parcours des visiteurs. La finalité de ce séminaire était ainsi d’élaborer un nouveau dispositif d’interprétation d’un secteur spécifique et de tester les avantages et inconvénients de cette remédiation muséographique.

L’exposition présentait un sujet difficile pour le grand public, il semblait alors important que la signalétique et les titres au sein de l’espace muséographie permettent aux visiteurs d’obtenir des repères afin de construire leur visite. Cependant, aucune signalétique est mise en place avec l’idée de laisser les visiteurs construire leur visite. Aussi, les titres, énigmatiques, sont placés au-delà de la ligne de regard et passent ainsi inaperçus. Enfin, concernant l’unité écologique, les informations ne semblent pas claires pour les visiteurs qui ne prennent pas le temps, à la fin d’une visite riche en informations, de s’arrêter le temps du cycle complet de présentation du buron. Ainsi, les trois équipes ont proposées différentes préconisations et recommandations afin d’aider le visiteur à anticiper et comprendre sa visite. Dans un premier temps, la mise en place d’un plan, avec des éléments clés ou des thématiques majeures permettrait de guider le visiteur dans sa visite. Aussi, placer les titres dans la ligne de regard (entre 1m50 et 2m), mais aussi les rendre moins énigmatiques permettrait au visiteur d’anticiper le contenu des cimaises qu’il parcourt. Enfin, accompagner l’unité écologique d’un dispositif écrit permettrait une meilleure compréhension de l’unité.

Remerciements :

Nos remerciements s’adressent tout d’abord à l’équipe de la Fédération Européennes des Sites Clunisiens (FESC) pour leur accueil, leur aide et leur accompagnement tout au long du séminaire de recherche. Également, nous remercions chaleureusement les partenaires de ce séminaire culture et numérique : le Centre des Monuments Nationaux et l’Office de tourisme de Cluny pour leur intérêt pour notre projet et leur temps accordé à notre recherche.

Nous tenons également à remercier M. François Chougnet, Président du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM), de nous avoir accueilli.es au sein de son établissement. Nous souhaitons spécialement remercier, Mme Marie-Charlotte Calafat, adjointe du département des collections du MuCEM, responsable du pôle documentaire et du secteur Histoire du musée, pour nous avoir fait confiance sur ce projet ainsi que pour sa grande disponibilité sur toute la durée du séminaire de muséologie du Master. Nous souhaitons également remercier Aude Fanlo, responsable du département recherche et enseignement du MuCEM. Nous remercions toute l’équipe du MuCEM, et particulièrement Anne Faure, secrétaire générale du département de Recherche et Enseignement du MuCEM et Ondina Santin, à la coordination et l’accueil de l’Institut Méditerranéen des Métiers du Patrimoine, de nous avoir accueilli.es et accompagné.es tout au long de ce projet.

Nous remercions nos enseignants pour nous avoir offert la possibilité de découvrir et de travailler sur un réseau européen et une application telle que ClunEtour ainsi qu’au MuCEM. Nous terminons par remercier FR-CNRS-3621 Agorantic « Culture, Patrimoines, Sociétés numériques » et Culture&Musées pour l’édition de nos dossiers de restitution.

Enfin, nous souhaitons remercier toutes les personnes ayant porté un intérêt pour ces deux séminaires.

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