Cela faisait des mois que j’attendais l’arrivée du 16 mars, date de début de mon stage au sein de l’AEPJ (Association Européenne pour la Préservation du Patrimoine Juif). Tout était prêt : mon déménagement, ma vieille voiture qui avait déjà trouvé un parking où se reposer à Barcelone ( et je vous assure que ce n’est pas évident de trouver une place pour se garer en centre-ville), les aurevoirs de mes proches, mon bureau dans l’espace du coworking de Casa Adret, mes missions de stage, ainsi que mon rêve de commencer une nouvelle vie en Espagne. Mais voilà, épidémie et confinement oblige, le 15 mars au soir j’étais certes en voyage, mais vers une autre direction : l’Italie. A quelques heures de la fermeture des frontières françaises, je me suis donc retrouvée à rentrer chez moi en Vallée d’Aoste, où j’ai dû louer un appartement afin d’avoir un espace vivable et d’essayer d’assurer malgré tout mes missions de stage en télétravail.

Au vu du contexte et du confinement rendu obligatoire dans quasiment toute l’Europe, le télétravail n’était pas une option, et a transformé mon cadre de travail habituel. Ma plus grande préoccupation n’était pas le fait d’avoir des difficultés organisationnelles, le manque de connexion internet, ainsi que le devoir d’adaptation (imaginez être en pleine réunion de travail, en tailleur, assise à ma table de cuisine, avec des miettes de pain et le bruit des surchauffes de la batterie de mon ordinateur portable), mais plutôt de perdre la motivation sans le contact quotidien avec mes collègues. Cependant, l’immersion dans ce nouveau contexte a été plus que bien géré par ma structure, déjà habituée à travailler avec des collègues et partenaires partout en Europe.

Le mot d’ordre de ces derniers mois, donc : adaptabilité ! Cette interminable période de confinement a été un véritable pari pour tout étudiant.e qui, comme nous, voyait dans le stage de M2 un tremplin pour le monde du travail.  Une situation déstabilisante qui, pour la plupart de mes collègues, a signifié renoncer à une opportunité d’apprentissage et d’enrichissement, car le domaine culturel vit avant tout grâce à son ouverture au public. Ayant déjà l’habitude du télétravail, je peux dire qu’après trois mois de stage je n’ai pas vraiment eu de grandes difficultés à travailler sur mes missions. Durant cette période, je me suis occupée essentiellement de développer la Route Européenne du Patrimoine Juif, dont je suis Project Manager, de participer à de nouveaux appels à projets (notamment pour le Projet NOA et le projet Routes4U), d’organiser notre Incubator (un rendez-vous annuel qui réunit les membres de l’équipe et prévoit des moments de formations et d’échanges) qui se tiendra, naturellement, à distance cette année, ainsi que d’autre petits projets qui ne nécessitent pas ma présence en bureau. Même si, dans le cas de mon stage, les projets entamés au sein de l’association m’ont permis d’avoir une charge de travail conséquente et de ne pas m’ennuyer, mon espoir va à l’ensemble de mes camarades et à la possibilité de pouvoir bientôt se plonger dans leurs missions culturelles qui, pendant les dernières deux années de cours, les ont motivé à faire de leur mieux au sein du master et surtout de Muséocom !


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