Mathilde devant des instruments traditionnels de la culture kanak

De retour sur mon île de cœur dans le Pacifique, j’ai débuté avec joie mon stage au département des Musiques Traditionnelles et des Chants Polyphoniques Océaniens (DMTCPO) mi avril. Ce département, qui fait partie du Conservatoire de Musique et de Danse de Nouvelle-Calédonie émane des accords passés entre l’Etat français et le gouvernement de la NC visant à promouvoir et valoriser le patrimoine culturel kanak (2002). Le DMTCPO œuvre donc dans ce sens en plaçant la transmission, garant de la conservation du patrimoine culturel kanak, au centre de ses actions. L’équipe est composée de 3 personnes à temps plein, auxquelles s’ajoutent les intervenants disséminés sur tout le territoire qui se déplacent dans les tribus et les écoles lors d’ateliers d’action culturelle. Si la mise en place de programmes d’éducation et de formation artistique et culturelle, est centrale, la transmission passe également par la création. Ainsi, lors de résidences artistiques, les musiciens accompagnés d’artistes  non professionnels montent des spectacles vocaux et musicaux, inspirés des chants et musiques traditionnels du pays.

Un vrai travail de fond est donc entrepris pour pérenniser la vitalité de la culture kanak, et notamment le patrimoine musical et vocal, dont certains éléments ont aujourd’hui disparu. Le dispositif « Sagaïe » mis en place en 2010, prône l’idée de « conservation active » du patrimoine, c’est à dire que la culture, pour demeurer vivante et se perpétuer, doit être vécue et pratiquée, dans une reformulation permanente.

La première semaine du stage, j’ai pris mes repères et découvert le fonctionnement du DMTCPO et les missions qui me seront confiées. Le plus gros chantier consiste en la réalisation d’une base de données afin de répertorier et classer tous les enregistrements sonores et vidéo collectés ou créés par le département. J’ai également eu la chance de partir dans le Nord de la Grande Terre, à Pouebo, pour une semaine de répétition et d’enregistrement studio en tribu avec une grande partie de la chorale Uilu. Un accueil fabuleux et une énergie magique dans ce groupe de passionnés d’âges et d’origines kanak différents pour cette semaine d’observation, de partage et d’échanges pendant laquelle j’ai beaucoup appris sur la culture kanak.

J’assiste en outre l’équipe à monter un dossier de candidature pour répondre à l’appel à projet lancé par le Ministère de la Culture et de la Communication, pour la réalisation de fiches d’inventaire du patrimoine français. Cinq chants traditionnels ont été retenus pour y figurer, et le projet de recherche sera mené en partenariat avec deux enseignantes-chercheures de l’Université de Nouvelle-Calédonie, spécialistes en linguistique et ethnomusicologie.

Un projet passionnant !