C’est très émue que j’écris cet article. En effet, après un an de démarches administratives et de dur labeur mon rêve se concrétise enfin : je suis en stage au National Museum of the American Indian de Washington D.C. dans le service de la médiation. Ce stage accompagne mon mémoire qui s’intéresse à l’exposition du patrimoine amérindien, et plus particulièrement à la muséographie participative présente au National Museum of the American Indian et la relation qu’entretiennent les Amérindiens avec leur culture.

Le National Museum of the American Indian fait partie de la Smithsonian Institution, une institution qui œuvre pour la recherche scientifique fondée en 1846 par James Smithson, un scientifique britannique. Elle est composée de dix-neuf musées, neuf centres de recherches, vingt bibliothèques, un zoo et deux centres de recherches concernant respectivement l’astrophysique et l’environnement.

C’est ainsi qu’en 1989 était votée la loi énonçant la création du National Museum of the American Indian pour la préservation du patrimoine amérindien. Trois institutions ont ainsi pu voir le jour : The George Gustav Heye Center à New York, un centre de ressources dans le Maryland et enfin le NMAI au cœur du Mall de Washington D.C. Le National Museum of the American Indian possède un fond de plus d’un million d’artefacts collectionnés par George Gustav Heye, un riche ingénieur passionné d’art amérindien.

Le National Museum of the American Indian de Washington D.C. a ouvert en 2004, le jour de l’équinoxe d’automne. Dès le premier regard, la différence entre ce musée et ceux qui trônent fièrement dans le Mall est frappante. L’édifice semble avoir été sculpté par les éléments à la manière d’un canyon. Mais c’est l’immensité du lieu qui saisit le visiteur dès son entrée dans ces lieux : un espace central et circulaire représente la métaphore du foyer, les jeux de lumières et les arcs-en-ciel créés par la réverbération du soleil sur des prismes animent le lieu. Chaque détail dans le musée a été pensé et conçu afin de respecter les traditions amérindiennes, de l’orientation de celui-ci aux différents matériaux utilisés. La particularité de cette institution est qu’elle est administrée par des Amérindiens originaires de différentes communautés, de la conception des expositions à la médiation de celles-ci.

Après cette invitation à découvrir le musée, je vais maintenant vous parler de mes missions au sein de l’institution. Je fais partie du service de la médiation du musée de Washington D.C. Mon stage consiste à lire beaucoup et à m’approprier la culture amérindienne, à participer aux différents meetings notamment sur les questions relatives aux programmes scolaires activement développés en ce moment, à participer aux réunions (team building) afin de concevoir de nouveaux dispositifs.  Je visite aussi différents musées afin d’évaluer leurs dispositifs de médiation et je suis les différents dispositifs de médiation déjà mis en place tels que les visites guidées, les ateliers etc. Mon projet de stage ? Créer une médiation liée à la prochaine exposition intitulée : Americans. Cette exposition entend donner un point de vue amérindien sur quatre grands moments historiques : Thanksgiving, Pocahontas, the Trail of Tears et the Battle of Little Big Horn. Pour cela, je dois intégrer les stéréotypes et les préjugés que subissent au quotidien les Amérindiens afin de permettre aux publics en majorité allochtones, c’est à dire non-natifs, de les comprendre et de les combattre.

Rébecca Charrier au National Museum of the American Indian

Je réfléchis ainsi à la création d’un atelier et d’un livret-jeu à ce sujet.

 

Mon stage est une vraie expérience de vie, qui je pense va me transformer à jamais. Ici, j’ai rencontré des personnes généreuses quant à la transmission de leur culture et je comprends désormais l’histoire d’un nouveau point de vue.      Je souhaite terminer cet article avec un mot d’encouragement pour les futurs étudiants du master : malgré les difficultés que vous puissiez rencontrer battez-vous pour arriver à  concrétiser vos rêves parce que le résultat en vaut vraiment la peine. Alors, DREAM BIG !